Shelter From The Storm


 
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 tenez un cadeau! une interview de bob

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Anthony
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Localisation : Auvergne, Allier, Neuilly-le-Réal
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MessageSujet: tenez un cadeau! une interview de bob   Jeu 24 Aoû - 20:30

En l'espace d'une décennie à peine, Bob Dylan, 65 ans, a fait mentir le lieu commun selon lequel le génie faiblit avec l'âge. Après une vingtaine d'années en demi-teinte, au cours desquelles il avait réussi à dérouter les plus inconditionnels de ses fans, il aura livré trois albums magiques, conçus comme une trilogie: Time Out of Mind, en 1997, qui a reçu deux Grammy Awards (celui de l'album de l'année et celui du meilleur album folk); Love and Theft, en 2001 (meilleur album folk); et, aujourd'hui, une pure merveille, Modern Times, son 32e album en studio, selon lui; le 34e, selon nos calculs.

© DR
http://www.lexpress.fr/mag/arts/dossier/papyrock/dossier.asp?ida=450932&p=1

Modern Times (Sony Columbia).
Sortie le 28 août.
Si le mot chef-d'œuvre n'était pas aussi galvaudé, et si Dylan ne nous avait pas déjà donné tant de disques exceptionnels au cours de sa carrière - plus de quarante ans sur le devant de la scène - voilà le mot qu'on emploierait. Jouant avec les formes, les rythmes, les ambiances, les références littéraires, les instruments, avec sa voix, également, il livre dix nouvelles chansons dont quatre dépassent les six minutes, certaines (Spirit on the Water et Ain't Talkin') approchant même les dix minutes.

Pour accoucher de Modern Times, Dylan a répété cinq heures par jour, pendant deux mois, en janvier et février 2006, dans le théâtre de l'Opéra de Poughkeepsie, dans le nord de l'Etat de New York, avant d'entrer en studio à Manhattan en compagnie de musiciens d'exception: Tony Garnier (basse, violoncelle), George Receli (batterie, percussions), Stu Kimball et Denny Freeman (guitares), Donnie Herron (steel guitar, violon, viole, mandoline). Pour L'Express, Bob Dylan a accepté de révéler quelques-uns de ses secrets de fabrication...

La première chose qui frappe, à l'écoute de ce disque, c'est votre voix, plus grave qu'à l'accoutumée.
Effectivement, ma voix est plus feutrée, moins nasale. En réalité, je chante une octave plus bas, sans falsetto ou à peine. Mais surtout, comme vous l'avez peut-être remarqué dans certains blues ou dans certaines ballades de ce disque - Thunder on the Mountain, Spirit on the Water... - je suis, parfois, comme habité par l'écho de la voix de Louis Armstrong. En fait, je ne peux pas dire à coup sûr si ma façon de chanter s'inspire plus de son grain de voix sablé que du timbre de sa trompette, lorsqu'elle semble susurrer des secrets à votre oreille. Je crois qu'il s'agit des deux. J'ai énormément écouté Armstrong, sa façon de ne jamais attaquer la phrase là où on l'attend, de dérouter l'auditeur, de donner un sentiment de vertige, puis de le rassurer par ce sourire qu'il y a dans sa voix. Un sourire triste - «a sad smile» - comme celui de Charlie Chaplin.

L'ambiance musicale aussi a changé. C'est particulièrement net à l'écoute de morceaux comme Beyond the Horizon.
Sur cette chanson, j'ai voulu créer une atmosphère rétro, à la façon des années 1930. Un son qui semble resurgir d'un passé révolu, celui des grands orchestres de Count Basie, Benny Goodman et de Duke Ellington. J'ai voulu que les musiciens reproduisent les merveilleuses sonorités des solos du guitariste Charlie Christian. Il y a donc une dimension nostalgique dans cet «Au-delà de l'horizon», des sons qui nous reviennent comme dans un rêve. J'imaginais, en chantant, la danse de ces couples élégants, entrelacés, et les longues robes des femmes s'enveloppant autour des pas légers des hommes... Et je flirtais avec le «chabada» produit par les balais de George Receli sur ses cymbales. Receli, qui est né à La Nouvelle-Orléans, a accompagné James Brown ou Mavis Staples. Vous savez, la première chanson que j'ai entendue à la radio, dans ma jeunesse, à Duluth (Minnesota), c'était un gospel. J'ai appris plus tard qu'il s'agissait d'une chanson de Bill Monroe, extraite d'un disque intitulé Drifting Too Far From the Shore.

Votre voix plus grave, une ambiance rétro... Pourquoi ces changements?
Votre identité peut se dissoudre dans la musique. Je m'explique: vous croyez que vous êtes un bluesman ou un rocker, ou un songwriter, par exemple... Et pourtant, lorsque vous écoutez vraiment attentivement une autre musique, vous découvrez qu'il y a des choses différentes en vous. Vous êtes quelqu'un que vous ne connaissez pas encore. Il est normal que mon style ait évolué: la plus grande partie des compositions de ce disque sont des blues, des ballades jazzy et, bien sûr, des folk songs lentes ou au rythme d'une cavalcade de cow-boy... C'est normal, parce que j'imagine mes disques comme des films qui parleraient de l'identité américaine. Aux Etats-Unis, on nous a toujours fait croire que nous étions des inventeurs! Bien sûr, mais souvent l'Amérique oublie que l'on s'invente à partir d'un passé, d'influences anciennes... Personnellement, si mes influences viennent de Pete Seeger, de Woody Guthrie, d'Allen Ginsberg et de Jack Kerouac, elles viennent aussi du jazz et du blues des Noirs!

Sur ce disque, les cordes jouent un rôle majeur…
Le choix des instruments est très important. C'est grâce à l'utilisation de quatre guitares, la mienne et celles de trois autres musiciens, qui jouent de façon très différente, que j'ai pu créer tous ces univers musicaux qui font partie de moi. J'ai voulu réunir des musiciens qui créent un spectre sonore évoquant le folk, le blues, le jazz. A travers les guitares devaient résonner les cordes de Django Reinhardt, de Muddy Waters, de Charlie Christian, de Woody Guthrie... Puis j'ai voulu avoir à mes côtés un polyinstrumentiste, comme Donnie Herron, qui, outre la steel guitar, joue également du violon, de la viole et de la mandoline. Tout cela produit des boogie-woogies au tempo accéléré, comme Someday Baby: un triomphe de guitares où les lignes instrumentales se croisent, se superposent, créant des rythmes syncopés, frénétiques et dansants, pour introduire mon texte - un texte amer, sur les amours niées - obscurci par mon long solo d'harmonica. Je joue de l'harmonica comme je joue du piano, de façon mélodique.

Il y a des morceaux qui marient la forme du blues et la ligne de basse du rock'n'roll, comme dans Thunder on the Mountain ou dans The Levee's Gonna Break.
Oui, mais, cela dit, on peut reconnaître un blues à la seule structure de son texte, sans même en écouter les notes: Dans The Levee's Gonna Break, on a la forme typique du texte d'un blues. La première phrase est répétée deux fois à l'identique pour laisser le temps au chanteur d'improviser la troisième. Il y a ensuite des ballades aux textes imagés, oniriques, comme Ain't Talkin', qui démarre sur un tempo de tango et sur laquelle je ne chante presque pas; je déclame, sur un registre encore plus bas, d'une voix enrouée. En contrepoint, le violon produit une lamentation, une sorte de pleur. La chanson Nettie Moore, arrangée avec des roulements étouffés de grosse caisse, est inspirée d'un poème du XIXe siècle de Marshall S. Pike. Son texte cite le nom d'une petite rivière en Caroline du Sud, l'un des lieux du commerce d'esclaves. Marshall S. Pike était un songwriter blanc abolitionniste qui désapprouvait les mariages forcés entre les Noirs, ces rencontres d'amour «obligées».

Vous glissez beaucoup de références, de clefs, de messages secrets, dans vos textes...
Un jour, dans les années 1960, le critique Paul Nelson - qui, malheureusement, vient de disparaître - écrivit à mon sujet une chose qui me fit beaucoup rire: «On en est arrivé au point que les gens ramassent les mégots de cigarette de Bob Dylan et cherchent, en les scrutant, à leur trouver un sens. Le pire, c'est qu'ils finissent par en trouver un!» Plutôt que de chercher un sens dans des détails de ma vie, on peut trouver des clefs dans mes textes. Je sais, on me considère comme un être volontairement énigmatique, ironique, sarcastique, allusif, ambigu, un «taiseux», et pourtant, des clefs, j'en ai laissé. Les gens peuvent tout connaître de moi à travers mes chansons, à condition de savoir regarder: Chimes of Freedom était évidemment inspiré du poème Vacillation de Yeats. Et, dans Seeing the Real You at Last, il y a une citation entière d'une phrase de Humphrey Bogart tirée du film Le Faucon maltais, où il dit: «I don't mind a reasonable amount of trouble» [Un niveau raisonnable d'ennuis ne me fait pas peur]. Ce sont des renvois... A vous de les trouver ici!

Vous pouvez nous donner quelques pistes, tout de même…
Dans ce disque, Modern Times, la chanson Workingman's Blues est un évident hommage au chanteur-guitariste country Merle Haggard, avec qui j'ai fait une tournée récemment. Dans Workingman's Blues, je cite les paroles de sa chanson: «I got a brand new suit and brand new wife» [J'ai un costume flambant neuf et une nouvelle femme]. Dans ce morceau, je parle de l'univers de la classe ouvrière blanche. J'ai grandi dans une ville minière où on exploitait le fer et où il faisait trop froid pour se rebeller. Il s'agit donc du blues d'un ouvrier blanc: voilà pourquoi je n'ai pas utilisé la forme du blues issu des Noirs, en 12 mesures, tout en l'appelant un «blues».

Dans Thunder on the Mountain, vous évoquez la chanteuse Alicia Keys…
Je l'ai rencontrée en 2001, aux Grammy Awards. La chanson évoque sa naissance à Hell's Kitchen [la Cuisine de l'enfer]. Enigmatique? Il suffit de chercher: Alicia Keys a grandi dans un quartier malfamé de New York qu'un journaliste du New York Times a surnommé, en 1981, «Hell's Kitchen». Le début de ma chanson parle de «thunder on the mountain, fires on the moon» [tonnerre sur la montagne, des feux sur la lune], décrivant un paysage apocalyptique que certains ont connu - Alicia, par exemple - puis elle continue par «and the sun will be here soon» [il y aura du soleil bientôt]. Les choses évoluent: Hell's Kitchen, qui s'appelle maintenant Clinton, est devenu un quartier très tranquille. Quant à Alicia Keys, elle brille au firmament.

Vous citez rarement le nom de personnes réelles dans vos chansons.
C'est vrai. Mais ce n'est pas la première fois non plus. Dans I Shall Be Free (1963), je citais Brigitte Bardot, Anita Ekberg et Sophia Loren, mais, depuis, je ne l'ai plus fait... Ou si, avec Aretha Franklin.

Pourquoi avoir donné à l'album ce titre, Modern Times?
La dimension du temps m'a toujours obsédé. Un autre de mes disques s'appelle déjà Time Out of Mind. J'explore l'évolution de la société dans The Times They Are a-Changin'; et je parle d'un lendemain dans Mr. Tambourine Man. Nous sommes toujours dans le devenir.

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Richard 19
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MessageSujet: Re: tenez un cadeau! une interview de bob   Ven 25 Aoû - 11:10

Anthony a écrit:

Modern Times (Sony Columbia).
Sortie le 28 août.
Pour accoucher de Modern Times, Dylan a répété cinq heures par jour, pendant deux mois, en janvier et février 2006, dans le théâtre de l'Opéra de Poughkeepsie, dans le nord de l'Etat de New York, avant d'entrer en studio à Manhattan en compagnie de musiciens d'exception: Tony Garnier (basse, violoncelle), George Receli (batterie, percussions), Stu Kimball et Denny Freeman (guitares), Donnie Herron (steel guitar, violon, viole, mandoline).

Selon les news du début d'année, il n'est resté qu'à peine une semaine en répetition, fin janvier ou début février et l'album a été enregistré dans la foulée...
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ffrenz
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MessageSujet: Re: tenez un cadeau! une interview de bob   Ven 25 Aoû - 14:34

Je me posais des questions sur cette interview,elle m'a tout l'air d'une fausse!!!
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Anthony
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MessageSujet: Re: tenez un cadeau! une interview de bob   Ven 25 Aoû - 14:38

peut être , bizarre qu'il parle d'alicia keys
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Richard 19
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MessageSujet: Re: tenez un cadeau! une interview de bob   Ven 25 Aoû - 18:25

Si, si, Alicia est bien dans le texte.
Les textes (avec les traducs) sont ici :
http://www.bobdylan-fr.com/album/mt.html

A vérifier, mais l'interview de l'Express doit n'être qu'une traduc d'un papier générique du service de presse de Columbia ou d'une interview d'un journal aux USA (j'avais déjà aperçu -en anglais - l'écho sur la nullité (selon Dylan) de la musique actuelle...)
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