Shelter From The Storm


 
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 On the Road ...

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Soledad
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MessageSujet: On the Road ...   Mer 7 Mar - 17:26

Bonjour à tous,
Je me permets de créer un topic dédié au célèbre bouquin de Kerouac dans lequel je me suis tout juste plongée.
A vrai dire, plus que l'histoire en soi et cette allure "road trip" (qui bien évidemment fait rêver, mais gardons les pieds sur terre, soyons patients, pour l'instant, on est en fac de droit. study ) c'est plus l'écriture elle-même qui me frappe. Cette frénésie d'images, d'adjectifs, de ressentis.
A mes yeux un texte extrêmement poétique. Cette émotion que je ressent à lire certains poèmes de Rimbaud, sans en comprendre le sens, mais rien que par l'agencement des mots, des sonorités, je la retrouve ici aussi. J'ai parfois l'impression d'être entraînée, de lire des lignes, des lignes, sans en comprendre le sens, juste à boire ce vocabulaire imagé, magnifique.

Egalement davantage que le personnage de Moriarty, je trouve le narrateur lui-même intéressant. Car au final, il se dévoile peu, apparaît comme quelqu'un d'assez discret, et surtout très sensible. Il évoque souvent des détails qui pourraient paraître insignifiants évoqués en-dehors, mais qui finalement, contribuent à rendre compte d'une ambiance extrêmement riche.

Enfin, la chose qui surtout me fascine dans ce livre, c'est cet élan de vivre. Cet amour de tout. Cette fureur en bref, que représente si bien le jazz.
Je m'amuse parfois à le feuilleter n'importe comment, lire des passages à tort et à travers, c'est un des seuls livres que j'ai pu lire où cela est possible. Car ce n'est qu'un enchevêtrement d'événements multiples, souvent sans suite cohérente, que relie une seule chose: le besoin de vivre, s'exténuer, se donner au maximum,.. Un véritable éloge des sens.

Mais en tout état de cause, je suis sans doute en train de vivre ce que des milliers de jeunes et de jeunes ont vécu avant moi, et ce que je viens de dire a déjà dû être dit et répété maintes et maintes fois. Et sans doute, c'est loin d'être extra-ordinaire.

Cependant ça m'intéresserait de savoir ce que vous pensez de ce livre, ce qu'il a pu représenté/représente pour vous plus particulièrement.

Sur ce, une belle après-midi à tous.
Et je rejoints mes cours Rolling Eyes

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Oyster
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Mer 7 Mar - 18:01

C'est fulgurant, vif et beau comme du Dylan, comme du Rimbaud. Mais...

Mais depuis quelques années (je l'ai lu à ton âge, voici huit ans), ce livre ne m'inspire plus rien de très grand. J'en garde un souvenir chéri que rien n'altérera, mais guère de passion. De mémoire, notre Old Bob a comparé dans ses Chroniques - si je ne m'abuse - le personnage de Dean a un taureau dont les ruades deviendraient lassantes. C'est à peu près ça pour moi, encore que la fin du livre (je veux dire les deux dernières pages de la version officielle) annonce ce que je préfère chez Kerouac : une sorte de pessimisme pur, à la Tristessa, à la Big Sur, qui tient un peu de la Fureur de Vivre (je ne sais pas si je suis très clair)...
Entre Sur la Route et ceux que je viens de citer, je choisis les autres. Entre Sur la Route et Docteur Sax, qui lorgne presque du côté de Burroughs, je choisis Docteur Sax. (De tête : "Mais je me suis seulement assoupi sur la dune - Je n'en voulais pas, du Jugement Dernier !")
En gros, ce qui m'importe encore dans Sur la Route et me fait vibrer, c'est l'obscurité de la fin.

Voilà.

(Bons cours !)
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Soledad
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Mer 7 Mar - 22:40

Intéressant.
J'attends de voir quel ressentis j'aurai dans quelques années.

Je dirai pas qu'il me bouleverse, mais qu'il chamboule une certaine vision que j'avais de la littérature, peut-être. Et qu'il me donne foi, je ne sais en quoi exactement, mais en cette année d'études où (eh oui) on doute un peu sur son avenir, c'est un livre réconfortant, dynamisant, qui en mets pleins les yeux. Quand on commence à en avoir assez de l'organisation, des textes structurés, des journées qui se ressemblent assez, on se réfugie dans ce foisonnement de mots, de ressentis et d'images, et ça fait un sacré bien. On se retrouve, en somme.

Merci d'avoir pris le temps de répondre Wink



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used_spoon
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Jeu 8 Mar - 0:50

Je l'ai lu il y a trois ans ans, je l'avais avaler, ça m'avait fait à peu près le même effet que toi.

J'ai voulu le relire il y a quelques mois, j'ai lâché au bout d'une cinquantaine de pages. Je ne me rappelais absolument pas de ce qu'était le bouquin et en fait ça ne me plaisait tout simplement plus. Il m'est arrivé la même chose avec Tolkien, que j'avais lu et relu et qu'il m'est impossible d'ingurgiter aujourd'hui.

C'est assez terrible.
Entre temps j'ai lu Céline, Cioran et cie ... Peut être est-ce une conséquence Smile

Bref, je préfère en garder le vague souvenir d'une lecture intense et ne plus me rappeler ce qu'il y a dedans.
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Moonlight
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Jeu 8 Mar - 12:19

Il faut que je le trouve ! Mon père a dit qu'il allait me le prêter mais je ne sais pas si il le retrouvera dans sa MEGA collection de bouquins !
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Oyster
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Jeu 8 Mar - 15:54

used_spoon a écrit:
Cioran

Saine, nécessaire, urgente littérature !

"Je voudrais exploser, couler, me décomposer, que ma destruction soit mon œuvre, ma création, mon inspiration ; m’accomplir dans l’anéantissement, m’élever, dans un élan démentiel, au-delà des confins, et que ma mort soit mon triomphe. Je voudrais me fondre dans le monde et que le monde se fonde en moi, que nous accouchions, dans notre délire, d’un rêve apocalyptique, étrange comme une vision de la fin et magnifique tel un grand crépuscule. Que naissent, du tissu de notre rêve, des splendeurs énigmatiques et des ombres conquérantes, qu’un incendie total engloutisse le monde et que ses flammes provoquent des voluptés crépusculaires, aussi compliquées que la mort et fascinantes comme le néant. Il faut des tensions démentielles pour que le lyrisme atteigne son expression suprême. Le lyrisme absolu est celui des derniers instants. L’expression s’y confond avec la réalité, devient tout, devient une hypostase de l’être. Non plus objectivation partielle, mineure et non révélatrice, mais partie intégrante de vous-même. Désormais ne comptent pas seulement la sensibilité ou l’intelligence, mais aussi l’être, le corps tout entier, toute votre vie avec son rythme et ses pulsations. Le lyrisme total n’est rien d’autre que le destin porté au degré suprême de la connaissance de soi. Chacune de ses expressions est un morceau de vous-même. Aussi ne le retrouve-t-on que dans les moments essentiels, où les états exprimés se consument en même temps que l’expression elle-même, comme le sentiment de l’agonie et le phénomène complexe du mourir. L’acte et la réalité coïncident : le premier n’est plus une manifestation de la seconde, mais bien celle-ci même. Le lyrisme comme penchant vers l’auto-objectivation se situe au-delà de la poésie, du sentimentalisme… Il se rapproche davantage d’une métaphysique du destin, dans la mesure où s’y retrouvent une actualité totale de la vie et le contenu le plus profond de l’être en quête de conclusion. En règle générale, le lyrisme absolu tend à tout résoudre dans le sens de la mort.
Car tout ce qui est capital a trait à la mort
."

Sur les cimes du désespoir, 1934.



http://almost-friendless-too.over-blog.com/article-sur-cioran-82718061.html
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Soledad
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Jeu 8 Mar - 20:13

Mr. Oyster a écrit:
used_spoon a écrit:
Cioran

Saine, nécessaire, urgente littérature !

"Je voudrais exploser, couler, me décomposer, que ma destruction soit mon œuvre, ma création, mon inspiration ; m’accomplir dans l’anéantissement, m’élever, dans un élan démentiel, au-delà des confins, et que ma mort soit mon triomphe. Je voudrais me fondre dans le monde et que le monde se fonde en moi, que nous accouchions, dans notre délire, d’un rêve apocalyptique, étrange comme une vision de la fin et magnifique tel un grand crépuscule. Que naissent, du tissu de notre rêve, des splendeurs énigmatiques et des ombres conquérantes, qu’un incendie total engloutisse le monde et que ses flammes provoquent des voluptés crépusculaires, aussi compliquées que la mort et fascinantes comme le néant. Il faut des tensions démentielles pour que le lyrisme atteigne son expression suprême. Le lyrisme absolu est celui des derniers instants. L’expression s’y confond avec la réalité, devient tout, devient une hypostase de l’être. Non plus objectivation partielle, mineure et non révélatrice, mais partie intégrante de vous-même. Désormais ne comptent pas seulement la sensibilité ou l’intelligence, mais aussi l’être, le corps tout entier, toute votre vie avec son rythme et ses pulsations. Le lyrisme total n’est rien d’autre que le destin porté au degré suprême de la connaissance de soi. Chacune de ses expressions est un morceau de vous-même. Aussi ne le retrouve-t-on que dans les moments essentiels, où les états exprimés se consument en même temps que l’expression elle-même, comme le sentiment de l’agonie et le phénomène complexe du mourir. L’acte et la réalité coïncident : le premier n’est plus une manifestation de la seconde, mais bien celle-ci même. Le lyrisme comme penchant vers l’auto-objectivation se situe au-delà de la poésie, du sentimentalisme… Il se rapproche davantage d’une métaphysique du destin, dans la mesure où s’y retrouvent une actualité totale de la vie et le contenu le plus profond de l’être en quête de conclusion. En règle générale, le lyrisme absolu tend à tout résoudre dans le sens de la mort.
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used_spoon
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Jeu 8 Mar - 20:37

Soledad a écrit:
Mr. Oyster a écrit:
used_spoon a écrit:
Cioran

Saine, nécessaire, urgente littérature !

"Je voudrais exploser, couler, me décomposer, que ma destruction soit mon œuvre, ma création, mon inspiration ; m’accomplir dans l’anéantissement, m’élever, dans un élan démentiel, au-delà des confins, et que ma mort soit mon triomphe. Je voudrais me fondre dans le monde et que le monde se fonde en moi, que nous accouchions, dans notre délire, d’un rêve apocalyptique, étrange comme une vision de la fin et magnifique tel un grand crépuscule. Que naissent, du tissu de notre rêve, des splendeurs énigmatiques et des ombres conquérantes, qu’un incendie total engloutisse le monde et que ses flammes provoquent des voluptés crépusculaires, aussi compliquées que la mort et fascinantes comme le néant. Il faut des tensions démentielles pour que le lyrisme atteigne son expression suprême. Le lyrisme absolu est celui des derniers instants. L’expression s’y confond avec la réalité, devient tout, devient une hypostase de l’être. Non plus objectivation partielle, mineure et non révélatrice, mais partie intégrante de vous-même. Désormais ne comptent pas seulement la sensibilité ou l’intelligence, mais aussi l’être, le corps tout entier, toute votre vie avec son rythme et ses pulsations. Le lyrisme total n’est rien d’autre que le destin porté au degré suprême de la connaissance de soi. Chacune de ses expressions est un morceau de vous-même. Aussi ne le retrouve-t-on que dans les moments essentiels, où les états exprimés se consument en même temps que l’expression elle-même, comme le sentiment de l’agonie et le phénomène complexe du mourir. L’acte et la réalité coïncident : le premier n’est plus une manifestation de la seconde, mais bien celle-ci même. Le lyrisme comme penchant vers l’auto-objectivation se situe au-delà de la poésie, du sentimentalisme… Il se rapproche davantage d’une métaphysique du destin, dans la mesure où s’y retrouvent une actualité totale de la vie et le contenu le plus profond de l’être en quête de conclusion. En règle générale, le lyrisme absolu tend à tout résoudre dans le sens de la mort.
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Soledad
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Jeu 8 Mar - 21:33

used_spoon a écrit:
Soledad a écrit:
Mr. Oyster a écrit:
used_spoon a écrit:
Cioran

Saine, nécessaire, urgente littérature !

"Je voudrais exploser, couler, me décomposer, que ma destruction soit mon œuvre, ma création, mon inspiration ; m’accomplir dans l’anéantissement, m’élever, dans un élan démentiel, au-delà des confins, et que ma mort soit mon triomphe. Je voudrais me fondre dans le monde et que le monde se fonde en moi, que nous accouchions, dans notre délire, d’un rêve apocalyptique, étrange comme une vision de la fin et magnifique tel un grand crépuscule. Que naissent, du tissu de notre rêve, des splendeurs énigmatiques et des ombres conquérantes, qu’un incendie total engloutisse le monde et que ses flammes provoquent des voluptés crépusculaires, aussi compliquées que la mort et fascinantes comme le néant. Il faut des tensions démentielles pour que le lyrisme atteigne son expression suprême. Le lyrisme absolu est celui des derniers instants. L’expression s’y confond avec la réalité, devient tout, devient une hypostase de l’être. Non plus objectivation partielle, mineure et non révélatrice, mais partie intégrante de vous-même. Désormais ne comptent pas seulement la sensibilité ou l’intelligence, mais aussi l’être, le corps tout entier, toute votre vie avec son rythme et ses pulsations. Le lyrisme total n’est rien d’autre que le destin porté au degré suprême de la connaissance de soi. Chacune de ses expressions est un morceau de vous-même. Aussi ne le retrouve-t-on que dans les moments essentiels, où les états exprimés se consument en même temps que l’expression elle-même, comme le sentiment de l’agonie et le phénomène complexe du mourir. L’acte et la réalité coïncident : le premier n’est plus une manifestation de la seconde, mais bien celle-ci même. Le lyrisme comme penchant vers l’auto-objectivation se situe au-delà de la poésie, du sentimentalisme… Il se rapproche davantage d’une métaphysique du destin, dans la mesure où s’y retrouvent une actualité totale de la vie et le contenu le plus profond de l’être en quête de conclusion. En règle générale, le lyrisme absolu tend à tout résoudre dans le sens de la mort.
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Oyster
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Jeu 8 Mar - 21:35

used_spoon a écrit:

Réfléchis bien avant de lire Cioran, on peut ne pas s'en sortir Surprised

+ 13.

Encore que... ça peut produire l'effet exactement inverse.
Cf. dans ses Entretiens, l'histoire d'un suicidaire qui téléphone à notre bien-aimé écrivain pour lui fixer rendez-vous avant son passage à l'acte. Cioran tente de le raisonner, lui disant qu'il est déjà occupé ailleurs, apparemment sans succès. Finalement, après moult tergiversations, le philosophe se rend au lieu fixé et tombe sur la femme du bonhomme qui lui dit :
- Tout va mieux, il s'est endormi !

(Je kiffe cette anecdote.)
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used_spoon
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Jeu 8 Mar - 21:46

Soledad a écrit:
used_spoon a écrit:
Soledad a écrit:
Mr. Oyster a écrit:
used_spoon a écrit:
Cioran

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Ben non, j'ai vendu les places, je le regarderai dans mon canap'. farao



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MessageSujet: Re: On the Road ...   Jeu 8 Mar - 22:24

used_spoon a écrit:
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used_spoon a écrit:
Soledad a écrit:
Mr. Oyster a écrit:
used_spoon a écrit:
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Car tout ce qui est capital a trait à la mort
."

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Bon visionnage, donc.
Je me le souhaite aussi Very Happy
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Desmos
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Sam 10 Mar - 16:23

En attendant ils viennent de lâcher la bande-annonce :



No comment.
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Soledad
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Sam 10 Mar - 17:31

La bande d'annonce ne me branche pas beaucoup. Ca fait tout de même très américain et assez basique. Espérons qu'elle ne soit pas trop représentative de la réalité du film.

(Après "La route", Viggo Mortensen enchaîne avec "Sur la route" Wink )
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Aleyster
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Sam 10 Mar - 19:16

Wooou, Sam Riley, le Curtis de Control. Sinon, difficile de se faire un avis sur une bande annonce, surtout avec une histoire telle qu'On the road, alors j'attendrais sagement qu'il sorte au cinéma.
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JeffreyLeePierre
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Sam 10 Mar - 19:30

Soledad a écrit:
La bande d'annonce ne me branche pas beaucoup. Ca fait tout de même très américain et assez basique. Espérons qu'elle ne soit pas trop représentative de la réalité du film.

(Après "La route", Viggo Mortensen enchaîne avec "Sur la route" Wink )
Prochaine étaoe : "Sur la route de Memphis", dont le scénario a été développé à partir de la chanson d'Eddy Mitchell en guise de synopsis.
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Desmos
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Sam 10 Mar - 20:00

Contrairement à beaucoup, je ne crois pas que Sur la Route soit un roman inadaptable, je pense que le cinéma est un média suffisamment riche au niveau de son langage pour retranscrire le mouvement si particulier du roman. C'est toute l'idée d'une "adaptation", retranscrire dans un autre mode d'expression l'aspect unique du fond et de la forme d'une oeuvre. N'a t'on pas dit d'ailleurs que Sur la Route reprenait le mouvement du jazz be-bop dans sa narration ? Si on peut faire de la musique sous forme de mots, on doit pouvoir faire des mots sous forme d'images, il s'agit d'exprimer la même chose sous une forme différente, et tous les arts se valent à ce niveau là. Je crois donc qu'une adaptation à l'écran du roman pourrait être quelque chose d'intéressant. Seulement, vu la richesse du roman, le travail d'adaptation est ici un exercice particulièrement ardu, et implique donc qu'il faudrait qu'un réalisateur particulièrement virtuose se tienne derrière la caméra. Ce qui n'est pas le cas, puisque c'est le réalisateur du passable "Carnets de voyage" qui tient ce rôle, et donc là je sens qu'on va droit dans le mur avec ce film. Et dire que Francis Ford Coppola était attaché au projet depuis des années, pourquoi faut-il qu'il se contente de le produire ? Lui aurait à coup sûr pu en tirer quelque chose...
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Oyster
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Sam 10 Mar - 20:09

Desmos a écrit:
Et dire que Francis Ford Coppola était attaché au projet depuis des années, pourquoi faut-il qu'il se contente de le produire ? Lui aurait à coup sûr pu en tirer quelque chose...

Oula ! Les derniers Coppola ne me semblent pas valider cette hypothèse...

Sinon, je n'ai même pas réussi à regarder la bande-annonce en entier. Je le sens pas.
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Desmos
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Sam 10 Mar - 20:19

Mr. Oyster a écrit:
Desmos a écrit:
Et dire que Francis Ford Coppola était attaché au projet depuis des années, pourquoi faut-il qu'il se contente de le produire ? Lui aurait à coup sûr pu en tirer quelque chose...

Oula ! Les derniers Coppola ne me semblent pas valider cette hypothèse...

Sinon, je n'ai même pas réussi à regarder la bande-annonce en entier. Je le sens pas.

Tetro était très impressionnant à mon sens. Et qui sait, peut-être qu'avec une matière littéraire à travailler, il aurait retrouvé la flamme. Comme il l'avait fait pour Le Parrain, autre roman "inadaptable".
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Soledad
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Sam 10 Mar - 20:30

Desmos a écrit:
Contrairement à beaucoup, je ne crois pas que Sur la Route soit un roman inadaptable, je pense que le cinéma est un média suffisamment riche au niveau de son langage pour retranscrire le mouvement si particulier du roman. C'est toute l'idée d'une "adaptation", retranscrire dans un autre mode d'expression l'aspect unique du fond et de la forme d'une oeuvre. N'a t'on pas dit d'ailleurs que Sur la Route reprenait le mouvement du jazz be-bop dans sa narration ? Si on peut faire de la musique sous forme de mots, on doit pouvoir faire des mots sous forme d'images, il s'agit d'exprimer la même chose sous une forme différente, et tous les arts se valent à ce niveau là. Je crois donc qu'une adaptation à l'écran du roman pourrait être quelque chose d'intéressant. Seulement, vu la richesse du roman, le travail d'adaptation est ici un exercice particulièrement ardu, et implique donc qu'il faudrait qu'un réalisateur particulièrement virtuose se tienne derrière la caméra. Ce qui n'est pas le cas, puisque c'est le réalisateur du passable "Carnets de voyage" qui tient ce rôle, et donc là je sens qu'on va droit dans le mur avec ce film. Et dire que Francis Ford Coppola était attaché au projet depuis des années, pourquoi faut-il qu'il se contente de le produire ? Lui aurait à coup sûr pu en tirer quelque chose...

Il y aurait moyen de faire quelque chose de vraiment intéressant. J'irai sans doute voir le film, mais là, avec la bande d'annonce, absolument rien ne m'a interpellé si ce ne sont quelques belles images. J'ai l'impression que c'est du déjà-vu.
Mais on verra, comme dit Aleyster difficile de se faire déjà un avis, et je pense que vu la complexité d'une telle réalisation, il faudra aller voir le film avec indulgence.
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Alibou
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Sam 10 Mar - 23:17

Walter Salles est plutôt bon... Sam Riley est plutôt bon...le reste du casting est plutôt bon...
Ça laisse présager un film plutôt bon... après, il ne faut pas se fier aux apparences, et une adaptation cinématographique reste une adaptation et donc une oeuvre "refaite"... Personnellement, j'irai le voir sans a priori Very Happy
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JeffreyLeePierre
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Mar 13 Mar - 16:47

Soledad a écrit:
Bonjour à tous,
Je me permets de créer un topic dédié au célèbre bouquin de Kerouac dans lequel je me suis tout juste plongée.
A vrai dire, plus que l'histoire en soi et cette allure "road trip" (qui bien évidemment fait rêver, mais gardons les pieds sur terre, soyons patients, pour l'instant, on est en fac de droit. study ) c'est plus l'écriture elle-même qui me frappe. Cette frénésie d'images, d'adjectifs, de ressentis.
A mes yeux un texte extrêmement poétique. Cette émotion que je ressent à lire certains poèmes de Rimbaud, sans en comprendre le sens, mais rien que par l'agencement des mots, des sonorités, je la retrouve ici aussi. J'ai parfois l'impression d'être entraînée, de lire des lignes, des lignes, sans en comprendre le sens, juste à boire ce vocabulaire imagé, magnifique.

Egalement davantage que le personnage de Moriarty, je trouve le narrateur lui-même intéressant. Car au final, il se dévoile peu, apparaît comme quelqu'un d'assez discret, et surtout très sensible. Il évoque souvent des détails qui pourraient paraître insignifiants évoqués en-dehors, mais qui finalement, contribuent à rendre compte d'une ambiance extrêmement riche.

Enfin, la chose qui surtout me fascine dans ce livre, c'est cet élan de vivre. Cet amour de tout. Cette fureur en bref, que représente si bien le jazz.
Je m'amuse parfois à le feuilleter n'importe comment, lire des passages à tort et à travers, c'est un des seuls livres que j'ai pu lire où cela est possible. Car ce n'est qu'un enchevêtrement d'événements multiples, souvent sans suite cohérente, que relie une seule chose: le besoin de vivre, s'exténuer, se donner au maximum,.. Un véritable éloge des sens.

Mais en tout état de cause, je suis sans doute en train de vivre ce que des milliers de jeunes et de jeunes ont vécu avant moi, et ce que je viens de dire a déjà dû être dit et répété maintes et maintes fois. Et sans doute, c'est loin d'être extra-ordinaire.

Cependant ça m'intéresserait de savoir ce que vous pensez de ce livre, ce qu'il a pu représenté/représente pour vous plus particulièrement.

Sur ce, une belle après-midi à tous.
Et je rejoints mes cours Rolling Eyes

Pour revenir à ton sujet initial.
(Tu le lis en anglais ? Je demande ça à cause de l'image que tu as postée dans l'autre topic)

Un peu comme pour Oyster : j'en garde un souvenir ému, ce fut une de mes illuminations de jeune lecteur.

Au moment où l'on commence à s'aventurer hors des sentiers balisés par l'Education Nationale, il y a quelques livres qui marquent. Et Sur la route en est indubitablement un.
(Quoique si ça se trouve, de nos jours, il fait partie des ouvrages au programme du secondaire. Mais ça m'étonnerait, il n'y a jamais eu beaucoup de littérature étrangère dans les programmes).

Je l'ai pris comme une initiation à la liberté, l'envie immédiate de larguer les amarres d'un quotidien trop plan-plan pour naviguer dans le vaste monde des toxicos hip.
(Je m'en suis bien gardé, évidemment, je suis resté au chaud / 3 repas par jour / mon linge lavé-repassé chez papa+maman).
J'ai intégré définitivement à ma conception du monde le "it" de la musique vivante. Jazz ou pas, et d'ailleurs surtout pas jazz (qui m'emmerde), mais transposé au rock.
Et puis il m'a donné quelques clés : plus tard, en écoutant Highway 61, j'ai tout de suite compris de quoi parlait Dylan avec son histoire de Juarez à Pâques.

Je le range toujours dans la liste des livres vraiment différents qui me sont passés sous les yeux.
Avec L'écume des jours, dont j'ai retrouvé l'enchantement (et de façon plus durable) dans l'excellent Etes-vous fous? de René Crevel (je recommande).
Et puis dans les nouvelles de Borges.
Et puis avec le réalisme magique de 100 ans de solitude.
Et surtout avec le merveilleux Macounaïma de Mario de Andrade (celui-là aussi, je recommande).

Quoique la "filiation" de Sur la route, pour moi, ç'a a été ensuite Satori à Paris (mais qui m'a un peu gonflé et donc j'en suis resté là avec Kerouac) puis tout ce que j'ai pu trouver sur le Frisco beat et hippie (je me souviens surtout du fabuleux Acid Test de Tom Wolfe ou encore de l'autobiographie Ringolevio d'Emmet Grogan) et enfin Hubert Selby et son Last exit to Brooklyn, en passant par Bukowski et John Fante, mais aussi cet escroc de Castaneda, son herbe du diable et sa petite fumée.
En clair : la déjante US et ses clochards célestes (comme dirait l'autre).

Mais cela fait très très longtemps que je ne l'ai pas relu. Faudrait que je remette la main dessus.

Sinon, en autre exemple de "correspondance" (comme dirait le grand Charles), il y a la chanson Neal & Jack and Me qui ouvre l'album "Beat" de King Crimson.
Je la mentionne plutôt pour info, parce que je ne me souviens plus qu'elle soit si bien que ça, ni même qu'elle soit un exemple réussi de transposition.
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Soledad
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Mar 13 Mar - 20:32

Non, à vrai dire j'avais commencé en anglais il y a quelques années, puis arrêté. Et en reprenant en français ces dernières semaines, je me suis rendue compte que j'y avais compris tout à fait autre chose... Ainsi, j'attendrai d'améliorer encore un peu mon anglais avant de le relire et apprécier le style originel de Kerouac Wink

Sinon tu as tout à fait raison, il y a très peu de littérature étrangère au programme de littérature. C'est d'ailleurs dommage, et j'ai plusieurs fois tenté d'intégrer du Dylan dans mes copies, sans succès ...

Concernant ton intérêt d'époque pour la beat generation etc, je réagis un peu différemment, dans le sens que malgré de nombreuses valeurs qu'elle défendait et qui m'inspirent (comme de nombreux étudiants frustrés par le confinement qu'entraîne leur vie étudiante. Wink ), je ne me sens pas particulièrement attirée par ce mouvement.
Les grands espaces oui, la profusion de drogues et autres substances, non... Je trouve justement que ça noircit vraiment le tableau.
Pas que je sois exemplaire à ce niveau, car j'ai fumé.. Avant d'arrêter il y a quelques mois.
Donc j'apprécie Kerouac, sans pour autant m'identifier réellement à ce courant beatnik.
J'avais tenté de lire Ginsberg, qui encore maintenant me rebute assez.

Sinon je te remercie pour toutes ces références ! J'essaierai d'en dénicher quelques-uns Wink

Et concernant l'Ecume des Jours, Boris Vian fait partie des écrivains que j'ai découvert l'année dernière, et que j'ai littéralement dévoré par la suite. study
Cet agencement de dérision, humour, poésie, surréalisme aussi m'enchante complètement. Et puis j'admire sa productivité, ce côté touche-à-tout.








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Aleyster
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Mar 13 Mar - 20:47

Soledad a écrit:
Boris Vian.

I love you
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used_spoon
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Mar 13 Mar - 20:58

Aleyster a écrit:
Soledad a écrit:
Boris Vian.

I love you

cheers

Expo à la cité de la musique à partir de septembre d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Mar 13 Mar - 21:01

used_spoon a écrit:
Aleyster a écrit:
Soledad a écrit:
Boris Vian.

I love you

cheers

Expo à la cité de la musique à partir de septembre d'ailleurs.

cheers Wink


@ used_spoon: concernant les projections de l'expo Dylan, notamment Masked and Anonymous, je crois qu'on s'est bêtement fait avoir, elles ont toutes déjà eu lieu..
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used_spoon
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Mar 13 Mar - 21:15

Soledad a écrit:
used_spoon a écrit:
Aleyster a écrit:
Soledad a écrit:
Boris Vian.

I love you

cheers

Expo à la cité de la musique à partir de septembre d'ailleurs.

cheers Wink


@ used_spoon: concernant les projections de l'expo Dylan, notamment Masked and Anonymous, je crois qu'on s'est bêtement fait avoir, elles ont toutes déjà eu lieu..

Effectivement, c'est étrange de ne faire qu'une seule projection...

Tant pis, ce sera pour la prochaine expo.
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JeffreyLeePierre
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Mer 14 Mar - 1:17

Soledad a écrit:
Concernant ton intérêt d'époque pour la beat generation etc, je réagis un peu différemment, dans le sens que malgré de nombreuses valeurs qu'elle défendait et qui m'inspirent (comme de nombreux étudiants frustrés par le confinement qu'entraîne leur vie étudiante. Wink ), je ne me sens pas particulièrement attirée par ce mouvement.
Les grands espaces oui, la profusion de drogues et autres substances, non... Je trouve justement que ça noircit vraiment le tableau.
Pas que je sois exemplaire à ce niveau, car j'ai fumé.. Avant d'arrêter il y a quelques mois.
Donc j'apprécie Kerouac, sans pour autant m'identifier réellement à ce courant beatnik.
J'avais tenté de lire Ginsberg, qui encore maintenant me rebute assez.
En fait, j'ai fait l'inverse : j'ai lu Sur la route à un âge tendrement influençable et n'ai fumé mon premier pétard que longtemps après.
Mais j''étais prévenu quand je l'ai lu, je m'étais déjà farci L'herbe bleue et Les chemins de Katmandou, donc rien qui ne rende l'hero romantique. Je soupçonne même que mes parents m'avaient collé sciemment les deux premiers dans les pattes, en tous cas les avait laissé traîner exprès à ma portée (1).
Du coup, comme c'était beaucoup moins glauque côté dope (pas comme Burroughs et sa machine molle), j'en ai fait un peu abstraction. Sauf dans la partie à Denver, qui m'avait justement évoqué L'herbe bleue.
Et puis les beat ne faisaient pas trop dans le prosélytisme, ils décrivaient leur expérience globale, sans en cacher les mauvais côtés d'ailleurs. Et en les lisant, je trouve qu'on associe pas spécialement le sentiment de liberté à la "libération par les drogues". Idée inversement très présente chez Ken Kesey et les mabouls du LSD dans Acid Test.

Bref ça ne m'avait pas gêné (ni incité) plus que ça.


(1) Je viens justement de voir sur Wikipedia que L'herbe bleue était un fake, écrit par une psychologue américaine dans le but (avoué longtemps après) de dissuader les lecteurs de l'usage de drogues.
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Soledad
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Jeu 22 Mar - 20:40


A propos, ce soir la Grande Librairie consacre quelques minutes à Kerouac sur France 5.
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Soledad
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MessageSujet: Re: On the Road ...   Ven 23 Mar - 1:00

(Découverte d'un écrivain extrêmement intéressant comme personnage: Thomas Sanchez.
J'ai beaucoup aimé ses dires sur les écrivains prétendant appliquer la "déstructuration de la narration" (très à la mode), comme justification de l'absence de cohérence, de personnages crédibles, voire d'histoire même dans leur roman.
"Sincèrement, il pensent vraiment que ça intéresse quelqu'un 500 pages sur un gars qui se renifle le cul?" (très subtil, mais pertinent je trouve.)

Bref et petit topo écolo pour finir.. L'occasion de re-réaliser la fabulosité (et c'est peu dire) de certains paysages. Que la nature est belle originellement, et que les hommes sont bêtes de la saccager. )
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